Oscar Wilde, L’impertinent absolu

Le Petit Palais ouvre ses portes à l’écrivain irlandais Oscar Wilde, pour sa première grande exposition française permettant de découvrir sa vie et son oeuvre à travers un parcours chronologique développé en sept salles. 

Aubrey Beardsley, J’ai baisé ta bouche Iokanaan, The Studio, n°1, avril 1893. Collection Merlin Holland

Aubrey Beardsley, J’ai baisé ta bouche Iokanaan, The
Studio, n°1, avril 1893. Collection Merlin Holland

On entre dans l’exposition comme on entrerait chez Wilde : la première pièce est décorée d’un motif présent chez ce dernier et qui lui est cher, la scénographie veut ainsi nous aider à plonger dans son univers. Aussi, une multitude d’oeuvres, provenant de médiums artistiques variés (peintures, photographies, manuscrits, lettres, dessins etc..) servent cette ambition. Cependant, tout cet éclectisme ne nous immerge que très peu dans la psychologie de l’artiste, même si ses aphorismes, ponctuent toute l’exposition. Si le spectateur a une riche documentation à sa disposition, il s’agit essentiellement de (trop) courts extraits de critiques ou de (très beaux) manuscrits, mais sous vitrine. De même les explications ornant les murs de chaque salle éclairent sur les oeuvres présentées, mais restent très factuelles et biographiques.

En revanche, l’oeuvre d’Oscar Wilde, Salomé, est quant à elle bien plus développée : une salle entière lui est consacrée. Néanmoins, ce n’est pas tellement celle de Wilde que l’on y découvre, mais plus la Salomé mythologique et inspirée de ses représentations faites par l’artiste ! Il est très intéressant de voir de quelles manières l’artiste et son oeuvre sont devenus une source d’inspiration pour d’autres artistes. Salomé a ainsi permis à Aubrey Beardsley de créer un magnifique portofolio de dix-sept illustrations, exposées au Petit Palais.

Si l’oeuvre de Wilde a permis de créer d’autres oeuvres d’art, son image et sa personne elles-mêmes donnent aussi naissance à des productions artistiques, comme le portrait Toulouse Lautrec, ou les représentations satiriques faites de lui, lors de son séjour aux États-Unis.

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), La Danse mauresque, 1895. Panneau pour la baraque de la Goulue, à la Foire du Trône à Paris. © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), La Danse mauresque, 1895. Panneau pour la baraque de la Goulue, à la Foire du Trône à Paris. © RMN-Grand Palais
(musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Dans un second temps, l’association des oeuvres critiquées par Wilde avec des extraits de ces critiques nous permet d’appréhender sa vision de l’art et ses goûts artistiques personnels. Par exemple, il aime, ou semble aimer les thèmes antiques – ou tardo-antiques -, que l’on retrouve dans sa critique sur la peinture de Sir William Blake Richmond, Electre sur la tombe d’Agamemnon, de 1874, mais également dans son choix du sujet pour sa pièce Salomé, à propos d’une princesse juive du Ier siècle. De même, Wilde semble développer un attrait particulier pour ce qui tend à la poésie, à une esthétique onirique, bien plus qu’au réalisme et naturalisme. En effet, s’il met en avant les oeuvres de Blake ou Evelyn de Morgan, il dénigre celles de Tissot, qu’il juge trop réalistes.

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De fait, ce n’est pas tant son caractère «d’impertinent absolu » qui est développé au Petit Palais, mais plus sa relation aux arts et sa propre aura artistique. L’exposition met également en avant des oeuvres singulières, notamment de sublimes tableaux emblématiques du courant préraphaélite, peu représenté dans les musées français.

John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877. © Fine Arts museum de San Francisco Achat du musée, du European Art Trust Fund, du Grover A. Magnin

John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour
et la jeune fille, 1877. © Fine Arts museum de San
Francisco Achat du musée, du European Art Trust Fund,
du Grover A. Magnin

 


Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017

Petit Palais – Paris

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