Xavier Veilhan invite la musique à la 57e Biennale de Venise

C’est le 13 mai dernier que s’est ouvert la 57e Exposition internationale d’art de Venise, qui se tiendra jusqu’au 26 novembre 2017. Cette manifestation incontournable de l’art contemporain accueille cette année Christine Macel comme commissaire générale. Quant à l’artiste, Français également, c’est Xavier Veilhan qui a été choisi pour représenter la France, succédant au projet « révolutions » par l’artiste Céleste Boursier-Mougenot et la commissaire Emma Lavigne pour la 56e Biennale, en 2015.

 

Portrait de Xavier Veilhan. Photo © diane arques © Veilhan / ADAGP, 2017

Une installation immersive

Studio Venezia, c’est le nom de l’œuvre que Xavier Veilhan propose pour le Pavillon français, qu’il rend ainsi méconnaissable. Dans installation tout en immersion comme dans son travail en général, l’artiste opère de franches réappropriations de l’espace. Cette installation au Pavillon français s’inscrit donc dans la lignée de plusieurs des précédentes créations de l’artiste qui poussent souvent l’expérience immersive jusqu’à faire perdre ses repères au visiteur. C’est le cas de La Forêt, où les spectateurs sont invités, par l’installation même, à plonger dans un univers qui semble loin de tout. Cette immersion, on le devine, s’opère non seulement par la vue, avec cette déstructuration de l’espace architectural, mais aussi par d’autres sens, tel que le toucher – l’utilisation du tissu est un appel au tactile ! – et bien sûr, l’ouïe.

La Forêt, 1998. Nappe synthétique, Dimensions variables. Collection MAMCO, Genève, Suisse. © Veilhan /ADAGP, Paris, 2017

Inspirations

L’artiste révèle ouvertement la source de son inspiration pour cette installation : il s’agit du Merzbau (1923-1937) de Kurt Schwitters, une œuvre dans laquelle l’artiste allemand avait progressivement déstructuré les différentes pièces d’une maison. Le Studio Venezia déstabilise effectivement le visiteur dans son appréhension de l’espace, puisque que les parois habituelles sont renversées, superposées, inclinées, si bien que murs, sol et plafond deviennent indissociables. Cette structure architecturale place le visiteur dans un espace qui ne peut lui être familier, peut-être pour l’inviter à une appréhension de la musique plus entière.

Studio Venezia, Maquette préparatoire (détail). © Veilhan /ADAGP, Paris, 2017

Une œuvre participative

Loin de n’être qu’une évocation visuelle, le studio d’enregistrement conçu par Xavier Veilhan est bien utilisable par des musiciens, qui seront une centaine à venir des quatre coins du monde pour frotter leurs instruments à l’expérience du Studio Venezia ! En s’emparant ainsi du bâtit comme un matériau protéiforme qu’il se plaît à revisiter, l’artiste convoque les spectateurs, qui seront les acteurs-utilisateurs de l’installation. En incluant ainsi le public dans le processus artistique, Xavier Veilhan souhaite créer un lieu de l’expérimentation et de l’inattendu, où chaque visiteur sera le témoin d’un processus de recherches sonores dont l’issue n’est pas connue d’avance. Il s’agira donc pour tous les acteurs de cette œuvre d’une expérience active plutôt qu’ une contemplation passive d’un objet présenté comme aboutit.  Xavier Veilhan qualifie justement son œuvre de « réflecteur musical » : en effet, dans Studio Venezia, le sonore rejoint le visuel, pour une rencontre où le hasard est maître-mot…

 

Studio Venezia, croquis préparatoire (détail). © Veilhan /ADAGP, Paris, 2017

 

Écrit par Lilas Cuby de Borville

Leave A Comment

You must be logged in to post a comment.

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Contact

manon.raoul@heylisten.fr