Diorama au Palais de Tokyo, la nouvelle exposition de Laurent Le Bon

Après son exposition sur les Jardins au Grand Palais, Laurent Le Bon nous propose une nouvelle exposition toute aussi poétique au Palais de Tokyo : Diorama !

Cette saison le Palais de Tokyo ne s’intéresse pas à un artiste ou à une thématique explorée par ces derniers, mais à un dispositif d’exposition : le diorama. Ce système de présentation très utilisé dans les musées américains fait apparaître le sujet dans son environnement recomposé afin de donner une illusion de réel au visiteur. Le diorama est né au début du XIXe siècle avec les tableaux de jeux de lumière et de profondeur réalisés par Louis Daguerre (et oui Monsieur n’a pas fait qu’inventer la photographie!). C’est à partir de ce dispositif illusionniste découlant de la mise en espace que va se développer le diorama tel que nous le connaissons aujourd’hui dans les musées d’histoire naturelle. Cet été au Palais de Tokyo ce n’est donc plus la muséologie qui expose les artistes, mais les artistes qui s’inspirent de ce dispositif muséographique pour créer des tableaux en reliefs.

Mathieu Mercier, Sans titre (couple d’axolotls), 2012
Showcase, neon light, earth, aquarium, water, couple of axolotls, 219,5 x 180 x 330 cm
Exhibition view of Sublimations, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac
Photo: André Morin / le Crédac
Courtesy of the artist and le Crédac.
© ADAGP, Paris 2017

Vue de l’exposition « Dioramas », Palais de Tokyo (14.06 – 10.09.2017)
Tatiana Trouvé, Sans titre, 2017
Matériaux divers
Courtesy de l’artiste
Photo : Aurélien Mole

C’est notamment ce que propose Tatiana Trouvé – lauréate du prix Marcel Duchamp 2007- avec son installation visible depuis les différents espaces de l’exposition. Cette œuvre, est constituée d’une multitude de points de vue sur un même espace impénétrable et définit par des vitrines sommairement posées. Il s’agit bien de l’espace de l’oeuvre qui est matérialisé avec ce diorama, l’oeuvre, jamais visible dans son ensemble et dans laquelle le mystère de réel subsiste.

Une fois de plus, le Palais de Tokyo nous propose donc une expérience immersive cassant les tabous des musées des Beaux-Arts, pour s’inspirer des sciences naturelles. Cette exposition nous fait naturellement retomber en enfance, bien loin des clichés souvent attribués à l’art contemporain. On peut donc s’émerveiller devant une lionne suspendue au moment où elle attrape sa proie, une reproduction miniature d’un atelier d’artiste du XIXe, ou encore – pour les étudiants en muséologie – devant les vitrines reconstituées du musée des Arts et Traditions Populaires de Georges-Henri Rivière.

Vue de l’exposition « Dioramas », Palais de Tokyo (14.06 – 10.09.2017)
Erich Böttcher, Mouflon de Dall, Denali National Park, 1997
Matériaux divers, 400 x 190 x 238 cm. Brême, Ubersee-Museum Bremen
Photo : Aurélien Mole

Une exposition qui se situe au croisement de diverses disciplines et qui se démarque pour son audace et son humour. Et pour ceux qui hésiteraient encore, je vous laisse avec cette citation de Baudelaire qui achèvera de vous convaincre, que vous soyez féru d’art contemporain ou non.
« Je désire être ramené vers les dioramas dont la magie brutale et énorme sait m’imposer une utile illusion ».

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Légende de la photo de couverture :

Dulce Pinzón, Nostalgia, Historias del Paraíso série, 2011
Impression, 76,2 x 101,6 cm
Courtesy K-Echo Photo, Galéria Patricia Conde (Mexico) et H Gallery (Paris)


Palais de Tokyo

Jusqu’au 10 septembre 2017

 

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