L’Autre : de l’image à la réalité 3/3 : L’autre nous

« L’Autre nous », c’est le nom que Blandine Roselle, a attribué au troisième volet du cycle d’expositions présenté actuellement à la Maison Populaire : « L’Autre : de l’image à la réalité ».

Tandis que les deux premiers volets du cycle interrogeaient notre rapport à l’héritage, à la culture et à ceux que nous nommons « étrangers », « L’Autre nous » porte un regard critique sur l’avenir et imagine l’homme du futur confronté à de nouveaux enjeux sociaux, économiques et planétaires. Au lieu de rabâcher l’éternel scénario catastrophiste que nous montrent la majorité des films de science-fiction, il est ici question de réfléchir aux possibles conséquences de l’hyper-industrialisation pour les anticiper.

Beb-deum, Mondiale TM, 2016-2017, vue de l’installation, images numériques et vidéos

Mondiale TM, œuvre majeure de l’exposition, occupe largement l’espace : il s’agit d’un ensemble d’images numériques réalisée par Beb-Deum, auteur et illustrateur. Son travail questionne les phénomènes de mondialisation et de transhumanisme avec un regard critique et un style graphique inimitable. Pour ce projet, Beb-Deum a collaboré avec Alain Damasio, auteur de science-fiction. Ensemble, ils ont réalisé le livre Mondiale TM, dans lequel ils imaginent un monde peuplé de clones en quête d’identité. Les personnages, sortis de l’imagination de Beb-Deum, sont tatoués, percés, maquillés, dans une tentative de se démarquer des autres et d’échapper à la fatalité du prototype. Finalement, ils sont quasiment tous identiques les uns aux autres et composent ensemble un portrait unique de l’homme marqué par la mondialisation économique et culturelle.

Beb-deum, Mondiale TM, 2016-2017, vue de l’installation, images numériques et vidéos

Lucy et Jorge Orta, duo d’artistes préoccupés par des thèmes sociétaux et scientifiques, présentent quant à eux une formidable installation composée de combinaisons sérigraphiées et reliées entre elles. Cette œuvre, qui a également fait l’objet de performances, met l’accent sur l’interdépendance entre les hommes, mais aussi entre l’homme et la nature. Les combinaisons sont des symboles de révolte et d’interconnexion entre les humains, mais aussi les outils d’un élan contestataire qui doit avoir lieu pour l’intérêt général.

Lucy + Jorge Orta, Nexus Architecture x25, 2001, installation

Enfin, le troisième artiste exposé est Pascal Marquilly, qui a été accueilli à la Maison Populaire en résidence. Il présente dans une salle à part son œuvre Ombres de Chimères une installation visuelle et sonore. La musique en fond, qui parvient à nos oreilles comme un murmure, a quant à elle été conçue par Samir Odeh Tamimi. Dans la quasi-obscurité, des images défilent en ombre sur les murs. Elles nous apparaissent comme des rêves ou des cauchemars d’enfants, mais sont à l’origine des images de guerre issues de la presse.

Pascal Marquilly, Ombres de Chimère, 2017, Installation

Ces trois œuvres, chacune à leur manière, nous invitent à nous interroger sur le type d’humanité vers lequel nous souhaitons évoluer. Elles nous permettent de rencontrer « L’Autre nous », celui du futur et que nous construisons aujourd’hui.


Du 4 octobre au 9 décembre 2017

Maison Populaire

9 bis rue Dombasle, 93100 Montreuil

Entrée libre

www.maisonpop.fr

 

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