L’éco-Street Art, ou comment se mettre au vert !

Lorsque l’on dit « Street Art », on entend souvent les mots « bombe de peinture », « rue », « interdit », « blaze », « dégradation », …  Mais alors, l’éco-street art c’est quoi ? 

On sait tous aujourd’hui que l’écologie est un facteur important dans notre vie, qu’il nous faut préserver l’environnement qui nous entoure pour les générations à venir. Le street art, ou plutôt le graffiti, est une trace de peinture à la bombe sur un support extérieur qui peut être vu comme une dégradation de l’espace urbain, entrainant une trace écologique relativement lourde quand à l’utilisation de produits toxiques volatiles. Ce mouvement d’éco-street art est né suite à l’influence de la « Guérilla Gardening », mouvement né aux États-Unis dans les années 70 qui visait à convertir un lotissement abandonné de Manhattan en jardin collectif. Certains artistes se sont sentis concernés par le sujet et ont mis au point des moyens alternatifs et écologiques afin d’avoir un rendu et une action similaire tout en utilisant des matériaux de bases différents. L’idée est de réveiller les consciences écologiques pour une action durable de la part de tous.

Mud Stencil (pochoir de boue)

Le principe est simple, utiliser un pochoir et peindre non pas avec de la peinture mais avec de la boue ! Jesse Graves utilise cette technique dans l’espace public en y plaçant des messages touchant à l’environnement afin de faire réagir les esprits. Pourquoi utiliser de la boue ? Car c’est une matière naturelle gracieusement donnée par la Terre qui est donc logique à utiliser pour ses messages. Jesse Graves utilise ces pochoirs de boue dans l’optique de créer de l’art et une justice sociale, non pour jouer un rôle de contrôle et d’avertissement. Il représente donc des symboles qui rappellent l’aspect environnemental sans pour autant être agressif et prendre à partie le regardeur. Le but est de sensibiliser.

https://mudstencils.com/

Le Grass Graffiti

Après la boue, les plantes ! Des plantes sur les murs, vous allez me dire, c’est étrange non ? Et la terre qui permet sa pousse, elle est où ? Mais ce n’est pas n’importe qu’elle plante, c’est essentiellement de la mousse, et la mousse ça pousse partout ! Finit les traces de peinture, les odeurs désagréables, les résidus non naturels. La nature reprend le dessus. Anna Garforth donne à sa pratique le nom de « moss graffiti » : la création d’oeuvres murales en mousse donc. N’ayant aucun impact sur l’environnement, elle utilise des matériaux biodégradables dans des lieux publics délabrés qu’elle recycle : la mousse qu’elle récupère sur les tombes, les murs ou les palissades de bâtiments, les feuilles d’arbre, le papier, etc. La colle elle-même est naturelle, une mixture composée de yaourt, de bière et de sucre afin de coller les éléments sous forme de phrase. Ses messages, liés à l’environnement et à l’urbanisation, sont poétiques et amènent la nature et l’architecture de béton ou de pierre à s’associer pour un résultat beaucoup plus sympa qu’à la base. Elle donne à ces espaces une beauté qu’ils n’avaient plus, tout en soutenant l’envie d’une ville plus verte. L’art devient alors une marque définie dans un espace-temps qui peut ne pas durer, dépendant entièrement de la volonté de dame nature.

http://www.annagarforth.co.uk/

On retrouve la même idée dans le travail d’Edina Tokodi qui laisse aux plantes la liberté d’évoluer, de grandir et de prendre part à la ville et à son bien-être. Edina Tokodi n’use pas de phrase mais de représentations animales afin de rapprocher l’homme de la nature qu’il semble avoir oublié. Ses créations ne sont pas seulement caractérisées par un aspect esthétique, mais pratique et écologique, aidant également à nettoyer l’air. En effet, la mousse fait partie des éléments naturels les plus efficaces contre les particules qui polluent notre atmosphère.

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http://mosstika.com/

Le Reverse Graffiti

Ici on ne rajoute rien, on enlève ! Et oui, le reverse graffiti inverse la tendance et créé par l’effacement, le nettoyage de la crasse par endroit, produisant ainsi des dessins sans ajout particulier. Cette technique a été créée par Moose (Paul Curtis), artiste britannique usant de pochoirs et de jets d’eau. D’autant plus écologique, ces réalisations dévoilent la saleté déposée par la pollution dû à l’usage intensif des voitures. En effet, de prime abord, à force de foncer les murs au fur et à mesure, nous n’en voyons pas la différence, nous nous en rendons pas compte. Ces artistes vous le dévoile, vous rappelle la couleur de base de ce mur, la pollution que vous créez qui n’est pas bonne pour le monde. C’est la vie moderne qui est alors décriée. Stefaan De Croock alias Strook, quand à lui, n’enlève non pas la pollution mais la mousse – nous y revenons à celle-là ! La mousse prend parfois possession d’espaces entiers, sans forme intéressantes, sans limite, abimant les murs et donnant à l’espace urbain un côté délabré. Strook use alors de son karcher pour enlever la mousse créant ainsi des motifs originaux. Le mur est alors mis en valeur sans en abimer la matière.

Lien vers le site de Moose
Lien vers le site de Stook

Petite vidéo de  afin d’en comprendre la réalisation :

Knitt Graffiti

Encore une autre façon de colorer la ville sans toucher à son intégrité et à son environnement, l’art du tricot ! Et oui, aujourd’hui c’est à la mode, on recouvre l’espace urbain de laine colorée, cela n’abime rien et donne un peu de couleur, et puis avec les journées froides à Paris, c’est humain de penser aux statues et aux arbres ! Nous avions d’ailleurs réalisé un focus sur ce sujet 😉 :

Le tricot : symboliques de son utilisation dans l’art contemporain

 

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