L’insoutenable légèreté. Les années 1980 s’invitent au Centre Pompidou

Une fois de plus, la galerie des Photographies du Centre Georges Pompidou nous propose une exposition originale qui remet en cause nos présupposés sur l’Art photographique. Les années 1980, décennie délaissée du public et de l’histoire de l’Art, est souvent assimilée à une période de décadence qui a bouleversé la conception de l’art et de la culture par son « insoutenable légèreté ».

Martin Parr, The Cost of Living - Punk with her Mother, 1986, 61 x 70,5 cm, Epreuve chromogène, Centre Pompidou, Paris. © Centre Pompidou / J-C.Planchet / Dist. RMN-GP. © Martin Parr / Magnum Photos

Martin Parr, The Cost of Living – Punk with her Mother, 1986, 61 x 70,5 cm, Epreuve chromogène, Centre Pompidou, Paris. © Centre Pompidou / J-C.Planchet / Dist. RMN-GP. © Martin Parr / Magnum Photos

Bazilbustamante, Le RVLC, 1984, 85,5 x 68 cm, Epreuve cibachrome. Centre Pompidou, Paris. © Centre Pompidou / P.Migeat/Dist. RMN-GP. © droits réservés

Bazilbustamante, Le RVLC, 1984, 85,5 x 68 cm, Epreuve cibachrome.
Centre Pompidou, Paris. © Centre Pompidou / P.Migeat/Dist. RMN-GP. © droits réservés

Dès l’entrée de l’exposition, l’oeuvre de Bazilebustamante nous accueille avec son esthétique baroque, colorée et exubérante. D’entrée de jeu, nous savons à quoi nous attendre : les photographies des années 1980 sont  »pictorialistes », bien loin des clichés documentaires américains des années 1970. C’est peut être ça d’ailleurs, la légèreté des années 1980 : des tableaux photographiques loin du reportage documentaire ou du conceptualisme ! Mais cette exposition tend au final à nous démontrer le contraire.

Le Centre George Pompidou tente ici de revaloriser cette période artistique en mettant l’accent sur ses paradoxes et ses contrastes. Malgré son apparence, la photographie des années 1980 élabore une critique de la culture et de la société contemporaine. L’exposition présente ainsi différents thèmes qui ont marqués la réflexion de ces artistes photographes : l’individualisme grandissant, la théâtralité de l’espace social, la subordination à la société de consommation, l’épuisement de la culture moderne. Ces photographes qui ont voulu s’encrer dans un style non-documentaire sont alors présentés comme témoignant de la réalité contemporaine.

Mais malgré la portée critique de ces œuvres, mise en avant par l’exposition, nous sommes bien dans une photographie « fabriquée », mise en scène, jouant sur l’ironie, le pastiche, l’humour, le détournement et l’illusion. Les années 80 donnent alors à voir une esthétique de l’apparence, peu importe les domaines considérés et c’est ce dont témoigne l’oeuvre de Florence Paradeis, à travers cette photographie qui semble être le document d’une situation banale de la vie quotidienne. Or, ici la photographe ne saisie pas la réalité dans un instant précis. Son travail est le résultat d’une mise en scène visant à reconstituer le quotidien suivant la prise de vue. Nous sommes donc face à une réalité théâtralisée, à une image qui sème le doute sur ce qui relève de l’apparence ou du réel.

La galerie photographique du Centre George Pompidou nous propose donc une exposition qui questionne, qui interroge sur le sens et la portée de cette décennie dans l’histoire de l’Art. Et ce, à travers de grands chefs-d’oeuvres qu’il est toujours agréable de découvrir ou de redécouvrir sous un angle différent.


Centre Pompidou

Place Georges-Pompidou, 75004 Paris 

Du 24 février au 23 mai 2016, tous les jours sauf le mardi de 11h00 à 21h00

Galerie de photographies – Entrée libre
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