Retour sur la 3e édition du festival DO DISTURB au Palais de Tokyo

En avril dernier a eu lieu le festival de performances DO DISTURB au Palais de Tokyo. Retour sur cette édition qui a eu lieu dans le contexte particulier des élections présidentielles, et sur les artistes que l’on va suivre de près à la rédaction.


Le Palais de Tokyo propose une fois de plus de briser les frontières entre le monde du spectacle vivant et celui des musées en proposant pour la 3e année consécutive de mêler théâtre, danse et performance au sein d’un même festival destiné à l’expression de la création internationale.

Pour parfaire cette approche, Do Disturb a invité cette année divers festivals issus du monde entier et partageant cette même volonté de détecter des talents émergents. Parmi eux on retrouve le TBA Festival de Portland, le festival portugais Dias Da Dança qui mêle danse et théâtre chaque printemps et le festival italien Santarcangelo Festival Internazionale del Teatro in Piazza. À ces festivals se faisant le reflet de la dynamique artistique internationale s’ajoutent des festivals français tels que Actoral qui se tient cette année à Marseille du 26 septembre au 14 octobre et Camping organisé par le CND du 19 au 30 juin.

Les différents artistes invités ont proposé des performances incitant à regarder les actions de notre quotidien autrement, en dehors des règles de la routine. Certains ont produit des œuvres poético-esthétiques, alors que d’autres ont cherché à permettre au visiteur de prendre du recul sur certaines interrogation que notre société nous créée et à remettre en question nos a priori. C’est notamment ce qu’a tenté de faire Alex Baczynski-Jenkins autour de la question de la perception du genre, notamment avec la présentation de Us Swerve : une chorégraphie de cercles infinis sur rollers présentant un jeux de séduction, d’attraction et de désir entre les différents performeurs queer. 

Alex Baczynski-Jenkins, Us Swerve (2016). Produced and commissioned by Basel Liste Performance Programme curated by Fabian Schoeneich, Basel. Courtesy of the artist. Photo: Daniel Perez

A la rédaction, deux artistes ont particulièrement retenu notre attention. Tout d’abord Naama Tsabar qui présentait lors du festival une performance mettant en scène l’une de ses guitare-double permettant aux performeuses de jouer simultanément sur un même instrument, et créant ainsi un véritable acte de communion entre violence et sensualité. Ancienne musicienne dans des groupes punk, Naama Tsabar articule de manière générale son travail autour d’amplificateurs audio, d’instruments ou d’accessoires musicaux reconfigurés, et ce afin de traiter la question du genre féminin, en l’associant notamment à la virilité et au pouvoir. Si vous vous rendez à New York cet été – on sait jamais, il y a peut être des chanceux parmi nos lecteurs ! -, profitez-en pour aller voir son exposition solo à la Paul Kasmin Gallery.

Untitled #1 From the Untitled (Double Face) performance Series, 2016

Notre second coup de cœur se porte sur la performance ANECKXANDER d’Alexander Vantournhout qui était proposée par Actoral. Vantournhout nous présente un autoportrait chorégraphié dans lequel il met sa souplesse à l’œuvre afin de réaliser avec son corps d’étranges postures à la frontière entre monstruosité et virtuosité performative. Pour ceux qui s’ont passé à coté, la pièce est rejouée le 27 et 28 mai à la Chaufferie dans le cadre du festival des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.

On attend donc avec impatience la prochaine édition de Do Disturb qui sera réalisée en partenariat avec des Artist-Run Space, acteurs majeurs de la création contemporaine.

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